Thomas Cytrynowicz

une photographie tournée vers l’humain, ses gestes et les territoires qu’il habite.

Un regard attentif aux liens qui unissent l'homme à son milieu

Thomas photographie d’abord la relation. Celle qui se construit entre des hommes, un territoire, un mode de vie ou un corps en mouvement. Son regard se nourrit de rencontres et du temps passé sur place. Il ne cherche pas à expliquer ceux qu’il photographie, encore moins à parler à leur place. Il préfère rester au plus près, observer et laisser apparaître ce qui relie chacun à son environnement.

Prendre le temps d’être là avant de chercher à faire une image

Chez Thomas, photographier suppose de s’approcher, mais sans brusquer. Ses projets naissent souvent d’immersions longues et de rencontres renouvelées. Sur les lagons de Madagascar comme dans les immensités de Mongolie, il s’intéresse moins à l’ailleurs pour ce qu’il a d’exotique qu’aux liens qui s’y construisent. Ainsi, le voyage devient une manière de comprendre des réalités différentes et de créer une proximité avec ceux qu’il rencontre.

Observer comment un territoire façonne les gestes, les vies et les relations

Un lagon, une steppe prise par l'hiver, un espace traversé par un danseur : le décor n'est jamais un simple arrière-plan. Il agit sur ceux qui l'habitent. Thomas observe cette interdépendance entre l'humain et son environnement — dans Contes de l'eau, elle passe par la douceur fragile du rivage ; avec Migration hivernale, elle devient une nécessité vitale ; dans Corps Libres, elle se déplace vers le corps lui-même.

Construire une image sans lui retirer ce qu'elle contient de spontané

Son travail garde une dimension picturale, mais celle-ci ne prend jamais le dessus sur ce qui se passe devant lui. Thomas cherche des images évocatrices, sans artifice inutile. Il laisse une place au mouvement, aux gestes, à ce qui survient. Cette posture est particulièrement visible dans Corps Libres, réalisé à partir de rencontres avec des danseurs et de chorégraphies improvisées : la photographie y accompagne le mouvement plutôt qu'elle ne le dirige.

Revenir, suivre et comprendre plutôt que refermer trop vite un récit

Thomas travaille dans la durée. Les communautés qu'il photographie ne deviennent pas des sujets que l'on quitte une fois les images réalisées :

il retourne notamment auprès des pêcheurs Vezo et poursuit aujourd'hui Transhumances, un travail consacré aux grandes migrations nomades et aux relations d'interdépendance au sein des communautés pastorales. Chaque retour apporte un autre regard, et ses séries restent ouvertes, continuant d'évoluer au fil des rencontres.

Créer des ponts entre des réalités éloignées sans effacer ce qui les distingue

Derrière des univers très différents revient le même questionnement : comment vit-on avec un territoire, avec les autres, avec son propre corps ?

Thomas utilise la photographie pour rapprocher ces expériences sans chercher à les simplifier. Son univers se construit entre observation et immersion, douceur et rudesse, mouvement et contemplation.

L'image devient alors moins une réponse qu'une manière de nous rendre attentifs à des vies qui, un instant, croisent la nôtre.

" Pour moi, la photographie dépasse le cadre esthétique : c'est un langage essentiel pour créer des ponts entre les cultures et donner du sens au monde qui nous entoure

THOMAS CYTRYNOWICZ

EXPOSITIONS - RECOMPENSES